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Nature et ses consignes aux auteurs

M’étant vu confier par mon directeur de recherche le soin de préparer le manuscrit 1 d’un papier qu’il envisage de soumettre à Nature, je découvre donc, pour l’occasion, les consignes pratiques que Nature Publishing donne à ses (futurs) auteurs.

Et je suis atterré.

Je ne m’étendrai pas sur le « format préféré » pour la soumission du manuscrit, qui est bien sûr « Microsoft Word »2 — je ne m’attendais pas vraiment à autre chose de toute façon. La soumission au format Open Document n’est pas explicitement interdite ou déconseillée, mais je pense que je ne tenterai pas l’expérience, ne me faisant aucune illusion à ce sujet…

Ah tiens, ils sont « capables d’accepter du TEX »… pour le convertir aussitôt en Word ! Autant dire qu’il vaut mieux éviter une bonne partie de ce qui fait l’intérêt de TEX, comme la génération automatique de la bibliographie, les références aux figures et aux tables, et toutes les extensions permettant de faire des choses inimaginables avec Word (comme par exemple, pour les biologistes, la mise en forme de superbes alignements de séquence avec texshade)… Bon, passons, je n’espérais pas réellement pouvoir soumettre en TEX de toute façon, il est bien connu que ce n’est pas un truc pour biologistes.3

Mais ce qui m’atterre, ce sont principalement les deux consignes suivantes (c’est moi qui souligne) :

Les styles (de paragraphe, de caractère) sont une des fonctionnalités les plus basiques et les plus importantes qu’on attend d’un traitement de texte ! Et l’utilisation des champs, couplés à une base de données de références bibliographiques, permet entre autre de numéroter les appels de référence, d’insérer les références elles-mêmes, triées dans l’ordre de son choix (par date ou par ordre d’apparition dans le texte), formatées selon le style voulu, le tout de façon entièrement automatique avec des logiciels comme EndNote, JabRef ou Zotero4 !

Devoir se priver de ces fonctionnalités enlève tout l’intérêt d’un traitement de texte, autant utiliser une machine à écrire.

Certes, rien n’empêche d’utiliser des styles et des champs lors de la rédaction du document, et d’ôter toute trace de cette utilisation juste avant de soumettre le manuscrit. Néanmoins :

  1. On me raconte qu’il fut un temps où c’était là le travail d’un secrétaire de rédaction, espèce aujourd’hui disparue de nos laboratoires…
  2. Tiens, c’est un format de document, « Microsoft Word » ? Je croyais que c’était un logiciel, moi…
  3. Amis mathématiciens et physiciens, comme je vous envie !
  4. Le seul logiciel cité dans les consignes est un logiciel privateur, bien évidemment…